Vendredi 12 décembre 2008
Les temps sont durs. Devant ce constat, les gestes de révoltes individuels et collectifs s’intensifient. Et
la contre offensive de l’Etat devient de plus en plus violente et susceptible de s’abattre sur chacun d’entre nous. Elle s’accompagne d’opérations médiatiques ayant pour but d’installer dans la
tête des gens que cette répression est normale et nécessaire, et de faire en sorte que le mot « terroriste » remplace celui de « révolté ». Les cas de répression politique deviennent monnaie
courante ces dernières années, à Rennes comme ailleurs : des émeutiers de novembre 2005 condamnés à des peines exemplaires dans l’indifférence générale, des émeutiers du CPE jugés en comparution
immédiate sans aucun soutien juridique, des syndicalistes étudiants inquiétés à Rennes sous la pression d’enseignants anti-bloqueurs lors des grèves anti CPE, l’acharnement judiciaire et
politique contre les ex membres de brigades rouges (Marina Petrella, Cesare Battisti) envers qui la France s’était solennellement engager à ne pas les extrader vers l’Italie, des faucheurs anti
OGM condamnés à des peines de prison ferme, des syndicalistes enseignants de Saint Malo poursuivis devant la justice pour avoir déployer une banderole sur leur école, deux personnes qui ont
écopés de 5 mois de prisons dans le cadre d’une procédure anti terroriste parce qu’ils se rendaient devant le Centre de rétention administratif de Vincennes avec des fumigènes et des crèves
pneus, le collectif de soutien aux personnes sans papiers de Rennes traîné devant la justice pour « outrage au ministère de l’intérieur » pour avoir oser dénoncer les conditions d’arrestation et
de détention des sans papiers en France, des personnes poursuivis et condamnés à de lourdes amendes pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN lors d’arrestations policières, le
maintien en détention de Georges Ibrahim Abdallah (militant communiste libanais détenu en France depuis 24 ans), Georges Cipriani (militant révolutionnaire d’Action Directe incarcéré depuis plus
de 20 ans)et Régis Schleicher dans le cadre de la rétention de sûreté, des syndicalistes kanaks de l’USTKE en grève depuis des mois contre Véolia et arrêtés lors d’affrontements avec la police
sur des piquets de grève et condamnés à des peines de prison ferme, des militants indépendantistes bretons victimes d’un acharnement judiciaire sans nom dans l’affaire de Quévert pour laquelle
ils pourtant été disculpés, la remise en détention de Jann Marc Rouillan pour avoir oser s’exprimer publiquement en affirmant le point de vue politique suivant : « la lutte armée à un moment
donné du processus révolutionnaire est nécessaire », des syndicalistes de la Barre Thomas à Rennes licenciés dans l’impunité sous couvert de « plan social », les neufs présumés saboteurs de
Tarnac arrêtés sans preuves et accusés de terrorisme pour de simples actes de sabotages économiques comme le mouvement ouvrier en a toujours pratiqués, une personne poursuivie à Angers pour avoir
héberger des personnes sans papiers.
La liste n’est pas exhaustive mais elle prouve que la répression n’est pas un fantasme de « gauchistes » mais belle et bien une réalité, ici comme ailleurs. Face à cet état de fait il ne faut ni
s’apitoyer sur son sort, ni se résigner, ni se contenter de dénoncer verbalement cette situation d’injustice. Il devient urgent d’agir, d’organiser la solidarité effective et de fédérer les
forces de tous ceux qui refusent ce retour musclé et décomplexé de la répression politique de l’état français. En effet, soutenir des sans papiers, participer à des manifs, s’opposer à des
contrôles de police arbitraires, exprimer son opposition virulente à la politique de Sarkozy, faire grève et bloquer son lieu de travail ou d’étude, sont toutes des situation où l’on se
retrouvera inévitablement confronté à la police et la justice, et qui donc, nécessitent un soutien. De ce point de vue, la question n’est pas de savoir si la répression s’abat sur des personnes
coupables ou innocentes, mais de prendre acte que toute lutte politique s’y trouvera confrontée. Il s’agit ainsi de ne pas tomber dans le piège du pouvoir, le classique « diviser pour mieux
régner ». Pour cela il est nécessaire d’allier les différences forces de luttes sur Rennes et ses environs pour que personne ne reste isolé face aux instituions policières et judiciaires. Il est
également important d’affirmer que nous entendons inscrire ce combat contre la répression politique en complémentarité de toutes nos autres luttes. C’est pourquoi nous envisageons également
d’organiser la solidarité concrète avec des personnes inquiétés pour des actes de rébellion individuelle ayant une intensité politique (contestant l’ordre social actuel). Nous avons donc décider
la création d’un collectif rennais de solidarité contre la répression politique. Le collectif décidera pour chaque cas si il accepte ou non de fournir son aide. Ce collectif d’individus se fixe 4
objectifs :
1. Rendre visible les cas de répression politique sur Rennes et ses environs , grâce à l’organisation de rassemblements, de concerts de soutien et par la production de textes.
2. Diffuser un guide de défense juridique lors des manifs, rassemblements, actions, grèves, pour que personne ne reste impuissant face à la complexité des procédures judiciaires et
policières.
3. Constituer une caisse de solidarité pour soutenir financièrement les personnes en prise avec la justice, et une liste d’avocats acceptant l’aide juridictionnelle et élaborant des lignes de
défense avec les prévenus sans mettre en cause d’autres personnes.
4. Organiser des actions ou des meetings de soutien pour dénoncer la répression politique qui frappe d’autres camarades dans l’hexagone ou à l’étranger.
Collectif de lutte contre la répression politique et sociale à Rennes et ailleurs.
Quatre ans et demi après un premier jugement, la justice française revient à la charge en appelant à un
nouveau procès contre trois de nos camarades et militants, Kristian Georgeault, Gael Roblin et Pascal Laizé. Il aura lieu, comme le premier, devant une cour spéciale à Paris du 17 au 28 novembre
prochain.
C'est un jugement politique : les militants poursuivis le sont pour leurs engagement indépendantiste, notamment au sein d'Emgann-MGI. Nous avons du mal à croire que qui que ce soit pense au
Palais de justice de Paris qu'ils soient coupables des faits qui leurs sont reprochés, sinon pourquoi avoir attendu quatre ans pour les rejuger ? Et nous nous associons aux interrogations de
nombreux observateurs sur la légalité d'une telle procédure d'appel partiel qui semble être une première.
La solidarité est nécessaire pour entraver les agissements de la justice française face à ces trois travailleurs bretons parfaitement connus pour leurs engagements passés ou présents, et
parfaitement insérés. Pour soutenir Gael, Kristian et Paskal, nous appelons à manifester place du Parlement de Bretagne à Rennes le 15 novembre à 14h30 et à participer à toutes les initiatives de
soutien à nos trois camarades. N'oubliez pas par ailleurs de faire des dons à Skoazell Vreizh : www.skoazell-vreizh.org
Nous souhaitons par ailleurs rappeler que d'autres Bretons sont poursuivis par la justice française ou incarcérés comme Denez Riou : nous leur apportons ici notre soutien indéfectible et nous ne
les oublions pas.
Pour Emgann MGI
Fañch Oger
Pevar bloaz hanter goude ar varnadenn gentañ, gwelet 'vez en-dro justis bro-C'hall o klask aozañ ur prosez-galv a-enep da dri c'hamarad deomp, Kristian Georgeault, Gael Roblin ha Paskal
Laizé. Hag ur wech all e vo graet dirak lez-varn ispsial Pariz deus ar 17 betek an 28 a viz Du.
Ur prosez politikel eo : barnet e vo ar stourmerien-se evit o oberennoù dizalc'hour, hag e-barzh Emgann MGI da skouer. Diaes eo deomp soñjal ez eus tud e palez justis Paris hag a gred e vefent
kablus deus ar pezh a vez rebechet dezho : mod all, perak enta eo bet gortozet pevar bloavezh evit barnañ anezho en-dro ? Hag evel meur a zen ec'h en em c'houlennomp ha reizh e vije keñver
lezenn ur seurt prosezadur galv dre dammoù hag a seblant bezañ nevez...
Kengred a zo ret evit mont a-enep ar justis gall en he stourm ouzh an tri labourer breizhat-se anavezet mat evit ar perzh kemeret en hor stourm en amzer dremenet pe en amzer-vrema, hag
embarzhet da vat e kevredigezh ar vro. Evit skoazelliñ Gael, Kristian ha Paskal e c'halvomp da vanifestiñ war blasenn Breujoù Breizh d'ar 15 a viz Du da 2e30 ha da gemer perzh en holl
oberennoù skoazell a vo dalc'het er c'houlz-mañ. Ha na zisoñjit ket profañ arc'hant da Skoazell Vreizh : www.skoazell-vreizh.org
Fellout a ra deomp ivez lavaret eo arabat disoñjal ez eus Bretoned all a zo tamalet dezho traoù gant justis bro-C'hall, pe toullbac'het evel Denez Riou : a-viskoazh e vefomp skoaz-ouzh-skoaz
gante , na zisonjomp ket anezho !
Evit Emgann MGI
Fañch Oger
Nous tenons à faire part de notre état d'esprit positif après la manifestation du 20 septembre, qui a
rassemblée plus de 10 000 personnes dans des rues de Nantes dans une ambiance chaleureuse et festive.
Plusieurs questions restent en suspens toutefois : malgré certains cortèges animés et clairement
revendicatifs comme celui du jeune collectif 44=BZH, qui ont su montrer qu'on pouvait rassembler de nombreuses personnes autour d'une idée aussi primordiale que celle de l'unité territoriale sans
la dénaturer ou faire de concessions politiques, jamais les appels officiels à la manifestation ou les discours officiels n'ont fait preuve de réalisme en s'engageant clairement pour une maîtrise
par le peuple breton de ses droits dans un cadre territorial réunifié, Pays Nantais inclus. Le mélange des genres (revendications contre la loi sur les pratiques amateurs, retirée trois jours
avant le rassemblement, mises aux côtés de demandes de mesures en faveur de la langue bretonne dans les médias et les écoles) a, en plus de son aspect peu clair, donné du grain à moudre à
certains journaux, qui ont bien peu honnêtement préféré oublier de voir dans cette manifestation un acte politique en s'échinant à la réduire à un sympathique défilé de cornemuses, avec la vision
folkloriste et réductrice dont ils savent faire usage quand bon leur semble.
Quelques jours après ce rassemblement, on sait qu'il n'apportera malheureusement pas grand chose, ni dans les
actes du fait de son faible niveau de revendication politique, ni dans les consciences vu la faible - et parfois subie - répercussion médiatique qu'il a eu. Seules des revendications politiques
claires et une lutte de terrain régulière permettront d'arriver à certaines avancées réclamées lors de cette manifestation comme celle d'une langue bretonne présente massivement dans les médias
et les écoles d'une Bretagne réunifiée et maître de son destin.
Nous félicitons par ailleurs 44=BZH pour son action et invitons tous nos militants et sympathisants à
participer aux activités de ce collectif, notamment en sabotant la propagande colonialiste et négationniste des Pays de la Loire.
Emgann MGI