Langue bretonne à la Poste : assez de bla-bla, action ! Manifs à Kemper et Gwengamp

Publié le par Emgann Bro-Roazhon

Yves Amiard, directeur de la Poste pour le Finistère et le Morbihan, demande aux maires de ces deux départements de ne pas faire utiliser le breton pour les correspondances. Pour quelle raison ? Les nouvelles machines (permettant de compresser le personnel ) ne pourraient pas lire les adresses en breton, en particulier en raison des apostrophes. Tiens donc. L'apostrophe serait donc un apanage du breton, et poserait une difficulté insurmontable au génie français de la technique? Serait-il plus difficile pour ces machines (monolingues ?) de lire Pont'n-Abad que Pont-l'Abbé? Habituons-nous donc à ce que Gouenac'h s'écrive Gouénach (rime avec « ganache »), que Mr Kerloc'h devienne Mr Kerloch (rime avec « loche »), et que straed Penn ar C'hrec'h se transforme en rue Peinardchrèch (rime avec « pimbêche »). Nous connaissions déjà Kersauce (Kêrsaoz) et le Croissant (Kroazhent), Kreac'h Gwenn étant déjà connu sous le nom de Crèch Gwen... Francisation générale !

M. Amiard, les Bretons, comme les autres usagers du service public postal dont vous participez au démantèlement, veulent que leur courrier soit distribué, que les agences soient proches de chez eux, que les services soient à un prix abordable, merci de penser à eux comme vous le faîtes, mais leur langue ne vous concerne pas. Ses caractéristiques orthographiques non plus. C'est notre affaire. Nous vous prions donc, au lieu de nous désapostropher, de respecter nos noms de familles, rues, lieu-dits, avec nos zh, nos c'h, nos y et nos ù. Et occupez-vous du tri du courrier et moins de la vente de t-shirts, embauchez plus de facteurs et moins de conseillers financiers, et surtout, laissez-nous bretonner tranquillement. Alternative à la croisade contre l'apostrophe armoricain, la substitution pure et simple, comme le veut M. Lesven, responsable départemental du MoDem et Maire de Plougernev, au prétexte que la commune doit inaugurer de nouvelles rues et que celà devient trop difficile pour les postiers (qui ont décidément bon dos), les noms de rues et de lieu... « Rue des Embruns », avouez que c'est quand même mieux que « Castel Ac'h ». Mais Mr Lesven, en bon léonard, devrait plutôt substituer les noms bretons par des noms anglais, ça c'est moderne ; et pourquoi pas un bilinguisme anglais-chinois, voilà l'avenir !

Une autre solution, à mi-chemin, serait d'instaurer le bilinguisme de ces sacrés noms de lieux, comme y penserait Mr Poignant, Maire de Kemper (tel qu'il l'a exprimé lors de la cérémonie de signature de charte « Ya d'ar Brezhoneg » par France Bleu Breizh-Izel au mois d'octobre 2008). Kêrfeunteun, c'est bien joli, mais franchement, ce serait mieux si on pouvait l'appeler « le Village de la Fontaine ». Au moins, on ne sera pas vendu en breton, puisque c'est écrit en français en-dessous (ou au-dessus? à côté? à droite? en italique? en gras? en fluo?). Nous avons déjà perdu An Douar Du et An Dour Gwenn, on pourra bien s'habituer à la Maison de l'Idiot qui sonne mieux que Ti Nay.


Et ensuite? Ces tribulations linguistico-épistolaires et cadastrales n'ont de sens que dans une débretonnisation tranquille, continuatrice de la politique d'assimilation que subissent les Bretons au quotidien. Seule l'officialisation de la langue bretonne mettra fin à ces manoeuvres ridicules. Seule la lutte en ouvre le chemin.


Nous donnons donc rendez vous à tous les bretons qui aiment leur langue, aux militant-E-s, aux associations, syndicats, partis à 11 heures samedi matin :

- A Kemper : devant la poste centrale boulevard Kerguelen

- A Guingamp : devant la poste, face à la place du marché.


Luttons et nous vaincrons ! Breton, langue officielle! Sans peuple Breton, pas de la langue bretonne!

Pour EMGANN-MGI : Jan Mai Salomon

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